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Microbiote vaginal : le projet MADELEINE va traquer sa transmission de mère en fille

Microbiote vaginal : le projet MADELEINE va traquer sa transmission de mère en fille

15 juin 2026 6 min de lecture
Le projet MADELEINE explore comment le microbiote vaginal se transmet de mère en fille et son impact sur fertilité, grossesse et santé intime des femmes.
Microbiote vaginal : le projet MADELEINE va traquer sa transmission de mère en fille

Un projet pionnier pour comprendre la transmission du microbiote vaginal

Le projet MADELEINE place la microbiote vaginal transmission recherche au cœur d’une enquête scientifique inédite en France. Cette étude citoyenne portée par l’Institut Pasteur, l’Institut Pasteur de Lille et la Fondation PiLeJe suit 210 prélèvements vaginaux réalisés chez des femmes de trois générations d’une même lignée familiale, afin de comprendre comment le microbiote vaginal se transmet de la grand mère à la mère puis à la fille. Pour les femmes qui s’interrogent sur leur santé intime, cette recherche pourrait éclairer le rôle des bactéries protectrices, notamment les lactobacilles, dans la vie reproductive et au cours de la vie hormonale.

Les chercheurs analysent la composition du microbiote, c’est à dire l’ensemble des bactéries et autres microorganismes présents dans la flore vaginale, mais aussi les liens possibles avec le microbiote intestinal et le microbiome global de chaque participante. Ils comparent la flore vaginale et le microbiome vaginal de chaque femme avec ceux de sa mère et de sa grand mère, en tenant compte des hormones sexuelles, des facteurs de mode de vie, des antécédents d’infections et des événements comme l’accouchement par voie basse ou par césarienne. L’objectif est de préciser si un microbiote vaginal dominé par des lactobacilles se transmet préférentiellement dans certaines familles et comment cette transmission pourrait influencer le risque de vaginose bactérienne, de mycoses ou d’autres infections.

Cette microbiote vaginal transmission recherche s’inscrit dans le réseau international Isala, qui fédère seize initiatives sur le microbiome vaginal et le vaginal microbiota chez les femmes et les women de différents pays. Les équipes françaises veulent notamment comprendre pourquoi certaines femmes gardent une flore vaginale stable et protectrice, riche en lactobacilles producteurs d’acide lactique, alors que d’autres connaissent des épisodes répétés de dysbiose vaginale ou de bacterial vaginosis. Pour la santé vaginale, ces réponses seraient cruciales, car un microbiote vaginal équilibré semble réduire le risque d’infections sexuellement transmissibles, de complications pendant la grossesse chez les pregnant women et de transmission de microorganismes pathogènes au nouveau né.

Fertilité, grossesse et risques : ce que le microbiote vaginal pourrait changer

Les premières grandes études sur le microbiote vaginal montrent déjà un lien fort entre flore vaginale et fertilité, avec par exemple un taux d’implantation en FIV qui atteint environ 60,7 % lorsque la flore est dominée par des lactobacilles, contre 23,1 % quand ces bactéries protectrices sont minoritaires. Dans ce contexte, la microbiote vaginal transmission recherche menée par MADELEINE pourrait expliquer pourquoi certaines femmes présentent spontanément un microbiome vaginal favorable à la nidation embryonnaire, alors que d’autres cumulent les échecs d’implantation. Les chercheurs s’intéressent aussi au rôle du système immunitaire local, de la muqueuse vaginale et du col de l’utérus, qui interagissent en permanence avec les microorganismes du vaginal microbiome.

Un déséquilibre, appelé dysbiose vaginale ou vaginose bactérienne, survient lorsque les lactobacilles régressent au profit de microorganismes pathogènes, ce qui augmente le risque de bacterial vaginosis, de mycoses, de cystites et parfois d’infections ascendantes vers l’utérus. Certaines études récentes pointent des genres bactériens comme Sneathia parmi les pathogènes potentiels associés à des complications obstétricales et peut être à un sur risque de cancers gynécologiques, même si ces liens restent à confirmer par une étude rigoureuse. La microbiote vaginal transmission recherche de MADELEINE pourrait aider à comprendre si ces microorganismes pathogènes se transmettent aussi de mère en fille ou s’ils apparaissent surtout sous l’influence de facteurs de mode de vie, de pratiques sexuelles ou de traitements antibiotiques.

Les équipes suivent également le lien entre microbiote intestinal et microbiote vaginal, car le microbiote intestinal héberge un immense réservoir de bactéries qui peuvent migrer vers la zone génitale, notamment au niveau de l’intestin terminal. Des travaux sur la bactérie Akkermansia muciniphila, présentés dans une analyse scientifique détaillée du microbiote intestinal, illustrent déjà comment certaines espèces intestinales influencent le métabolisme et l’immunité. En reliant ces données au vaginal microbiota, la microbiote vaginal transmission recherche pourrait montrer comment la composition du microbiote intestinal des pregnant women et des women en âge de procréer façonne indirectement la santé vaginale, la protection contre les infections néonatales et la colonisation initiale du microbiome du nouveau né, que l’accouchement se fasse par voie basse ou par césarienne.

Préserver sa flore vaginale au quotidien en attendant les résultats de MADELEINE

En attendant que la microbiote vaginal transmission recherche livre ses résultats complets, chaque femme peut déjà agir pour soutenir sa flore vaginale et son microbiote intestinal. La priorité reste de protéger les lactobacilles producteurs d’acide lactique, qui maintiennent un pH acide défavorable aux microorganismes pathogènes et réduisent le risque de vaginosis, de vaginose bactérienne et d’autres infections intimes. Une hygiène douce sans douches vaginales, une attention aux irritants locaux, une alimentation variée favorable au microbiome intestinal et un usage raisonné des antibiotiques contribuent à préserver la composition du microbiote sur le long terme.

Les probiotiques spécifiquement formulés pour la santé vaginale pourraient aider certaines femmes à restaurer une flore vaginale appauvrie, mais ils ne remplacent pas un suivi médical, surtout en cas d’infections récidivantes ou de symptômes persistants. Les gynécologues et les sages femmes rappellent que la muqueuse vaginale, le col de l’utérus et le système immunitaire local réagissent aussi aux hormones sexuelles, ce qui explique les variations de la flore au cours de la vie, de la puberté à la ménopause. Pour mieux comprendre ces interactions complexes entre microbiome vaginal, facteurs hormonaux et environnementaux, des ressources pédagogiques sur le fonctionnement des bactéries et des biofilms, comme cet article sur les filtres biologiques et l’équilibre microbien, peuvent offrir un éclairage utile.

La recherche sur le microbiote intestinal progresse aussi rapidement, avec des travaux montrant par exemple que le microbiote intestinal pourrait contribuer à la force musculaire, comme le détaille une étude récente sur la relation entre intestin et muscles. Ces avancées rappellent que le microbiome forme un réseau global où le microbiote vaginal, le microbiote intestinal et les autres écosystèmes bactériens du corps interagissent tout au long du cours de la vie. Pour les femmes et les pregnant women, suivre de près les résultats du projet MADELEINE permettra de mieux situer le rôle exact de la transmission mère fille dans la santé vaginale et d’ajuster, si nécessaire, les futures recommandations en matière de prévention des infections et de soutien du vaginal microbiome.

Références de confiance

  • Institut Pasteur – Communiqués et dossiers sur le projet MADELEINE et le microbiote vaginal.
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) – Recommandations sur les infections génitales et la vaginose bactérienne.
  • Inserm – Dossiers thématiques sur le microbiote intestinal, le microbiome vaginal et la santé des femmes.